En février, l’agence nationale du numérique en santé (ANS) a publié une première version du cahier des charges du Ségur 2 pour les logiciels de gestion destinés aux médecins de ville. De quoi permettre aux éditeurs, comme Cegedim Santé, d’engager les premiers travaux. Quels changements sont prévus ? En quoi ils s’inscrivent dans la continuité du Ségur vague 1 ? Et pour quelle échéance ? On fait le point.
Partager de façon fluide et sécurisée des données de santé : c’est toute l’ambition du Ségur du numérique lancé en 2021. Le souhait des pouvoirs publics avec ce programme est que le numérique puisse favoriser une meilleure prise en charge des patients, faciliter la mise en place de parcours de soins adaptés et, in fine, favoriser l’accès aux soins et réduire les inégalités de santé. Cette digitalisation vise l’ensemble des professions de santé et est encouragée par des rémunérations adéquates. Pour les médecins, la traduction concrète est l’obligation depuis 2023, d’être équipé d’un logiciel référencé Ségur vague 1 pour obtenir le forfait structure.
Le Ségur vague 2 vise à poursuivre la transformation engagée avec le Ségur vague 1
La généralisation du numérique, notamment via les outils comme le DMP et la messagerie, semble avoir porté ses fruits. D’après les chiffres publiés par le ministère de la Santé en février, un document sur deux est adressé au patient via Mon espace santé. En janvier, cela représente 33,5 Ms de documents avec une augmentation de près de 47,5% en un an. Il semble donc que l’usage de cet espace réservé progresse. La vague 2 a pour ambition d’amplifier ce mouvement en particulier pour encourager l’alimentation du DMP et rendre plus facile la consultation des documents disponibles.
Un accès plus direct aux informations
Le Ségur 2 vise donc à améliorer les outils pour instaurer encore plus de fluidité dans le partage des données. C’est pourquoi, le nouveau cahier des charges pré-publié en février vise à rendre plus facile pour les médecins toutes les manipulations visant à nourrir ou consulter les informations des patients selon trois axes principaux :
- Rendre systématique l’envoi des documents de santé créés par le médecin dans le DMP sur la base de l’identité nationale de santé (INS)
- Faciliter l’intégration des documents médicaux reçus par la messagerie sécurisée MSSanté dans les logiciels médicaux
- Rendre la consultation des données de DMP simple pour les médecins.
Enfin, les futurs logiciels Ségur vague 2 devront s’inscrire dans un cadre où la sécurité des systèmes d’information est maximale.
Être prêt à accompagner les médecins : l’objectif de Cegedim Santé
L’un des principaux changements de ce nouveau cahier des charges est l’accès aux donnés de Mon espace santé (DMP) depuis le dossier patient du logiciel métier. Concrètement, cela veut dire qu’avec son futur logiciel Ségur vague 2, un médecin pourra plus facilement consulter les données du DMP et les intégrer dans son dossier patient local, sous certaines conditions et en particulier le consentement du patient. Le tout, sans clic supplémentaire. Et avec une capacité d’identifier le patient correctement sans risques d’erreurs donc un travail sur l’identité numérique de santé. C’est pourquoi Cegedim Santé a d’ores et déjà engagé les réflexions sur les changements à apporter à ses logiciels. Ayant largement participé au dispositif Sentinelle qui a permis de mettre à jour et corriger les spécificités du Ségur vague 1, les équipes sont aguerries aux questions de fluidification des fonctionnalités pour réduire leur caractère agaçant ou chronophage. Et la simplification du quotidien des médecins est au cœur même de la mission de Cegedim Santé.
D’autres professions de santé concernées
Cette vague 2 du Ségur numérique ne concerne pas que les médecins de ville et les structures d’exercice coordonné (MSP et centres de santé). Elle prévoit également des changements pour les professionnels de l’imagerie médicale mais aussi pour les professions paramédicales, les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes dans un avenir proche. Ces modifications sont cohérentes avec celles prévues pour les médecins puisqu’elles visent à améliorer le partage des imageries médicales par la création d’un réseau national spécialement dédié. Elles permettront également d’améliorer la qualité des dépôts sur Mon espace santé et la consultation par les autres professionnels de santé.
Pas de changement immédiat pour les médecins
Le cahier des charges définitif est attendu pour avril. S’en suivront des mois de développement et de travaux administratifs pour que les logiciels puissent obtenir le référencement Ségur vague 2. Selon le calendrier de l’ANS, on peut estimer que les nouvelles solutions seront mises en œuvre véritablement en 2027. Le temps pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, de passer à des logiciels Ségur 1 afin d’être prêt pour le futur changement.